Louise, professeur des écoles

Publié le par Aurélie Bruneau

Comment devient-on professeur des écoles ?

Sur le plan des études , il faut au minimum une licence (de préférence une licence des sciences de l'éducation), donc Bac + 3.

On passe un concours national ----> le CRPE (Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles).Peuvent s'y inscrirent des gens qui ont donc BAC +3 , mais aussi les sportifs de haut niveau et les mères de 3 enfants (ce qui n'implique pas qu'ils réussissent de fait !).On peut préparer ce concours en faisant une première année d'IUFM (alternance de cours et de stages) , par le CNED ou seul...ça marche aussi bien! On peut aussi faire comme moi : les personnes qui enseignent déjà (prof' d'histoire géo 4 années durant) ont le droit de passer le concours en INTERNE (ce qui est la même chose...sauf qu'il y a moins de places).

Le concours contient 2 parties :

-L'écrit (la note <5 est éliminatoire)

1/ le français : durée 4 heures avec 1 partie résumée de documents pédagogiques / 1 partie sur des corrections de travaux d'élèves / 1 partie pédagogique.

2/ les mathématiques :durée 3 heures avec 1 partie de maths (niveau terminale) et 1 partie de correction de travaux d'enfants.

-L'oral.

épreuves imposées : l'EPS / l'histoire -Géographie / les Sciences / l'orale professionnel (plus grand coéficient et épreuve totalement éliminatoire)...puis des options (musique, langues , arts visuels...) qui seront repris si le concours est obtenu.

Une fois le concours passé et réussi , on entre en 2ème année d'IUFM et on est rémunéré comme enseignant stagiaire (non titulaire).La titularisation se fait à l'issue de cette année , pendant laquelle on alterne stages sur place (2 sur chaque cycle d'école),cours à l'IUFM et rédaction d'un mémoire.La titularisation est conditionnée par les visites des inspecteurs et professeurs de l'IUFM qui notent la "prestation" (6 visites , 3 par stage) .

Après cela , on devient TITULAIRE.On a un poste "au hasard" , et la première Inspection en tant que Professeur des Ecoles se fait l'année d'après.On commence alors sa "carrière"....

 

Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre métier et comment y remédier ? 

De mon point de vue, la 2ème année d'IUFM est stupide et mal construite: on retourne sur les bancs de l'école et on fait pratiquement de la théorie ...  qui ne se retrouve JAMAIS sur le terrain! De ce fait , quand on arrive en stage, on est confronté à des situations qui n'existent pas (selon les profs d'IUFM)...en fait la formation des enseignants ne prend pas en compte la réalité du terrain.

Sur le terrain , on est lâchés seuls parmi des élèves qui sachant que nous sommes de passage , nous font opposition systématique (il faut donc avoir les nerfs solides et savoir s'imposer...c'est vital pour toute la carrière).

Les enseignants d'IUFM sont bien souvent des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une classe , ce qui est un comble...ils dispensent donc des cours qui n'ont aucun rapport avec le réel. Cependant, comme la titularisation vient d'eux, il faut aller dans leur sens.Cela pose souvent problème, car d'une enseignant à l'autre, on peut avoir des avis diamètralement opposés sur le même sujet... Ainsi, des stagiaires se noient et perdent courage devant des situations inextriquables: "Machin a dit que je devais faire ainsi...mais Truc dit le contraire"...comment faire?

Il en va de même pour l'utilisation d'un manuel : tel enseignant peut le trouver "génial" et un autre "has been"...

Les difficultés sont aussi d'ordre sociales et humaines : le travail en équipe est obligatoire pour le bon fonctionnement d'un établissement. Or, il y a toujours dans une école des conflits d'intérêts et de personnes qui font que c'est un doux rève que de vouloir travailler "main dans la main". Cela se fait malheureusement au détriment des élèves...

Enfin , l'intrusion des parents dans la vie de l'école (fédérations ou relations avec les enseignants) n'aident pas à la fluidité du travail.

En gros , il faut avoir les épaules solides, une grande gueule , et un bon sens de l'humour pour prendre du recul sur les avis divergents des professeurs d'IUFM , des parents et des collègues:-)

Quels sont les meilleurs moments dont vous vous souvenez ?

J'ai eu des tas de dessins, de bisous, de fleurs, de chocolats, de cartes, d'invitations...mais je n'oublierai jamais l'année où j'ai eu dans ma classe une élève sourde.

C'était un CE2. La petite n'était pas appareillée, et elle était accompagnée d'une traductice langue des signes 2 fois dans la semaine. Les autres jours, on faisait comme on pouvait... En juin, elle a subi une opération et elle a pu entendre tout ce qui se passait autour d'elle : la voix des copains et la mienne... c'était très émouvant! Cette année là, nous avons tous appris quelque chose : la petite a fait un exposé sur son handicap, et nous avons appris les rudiments de la langue des signes. A la fin de l'année, nous avons mis sur pied un spectacle où nous faisions l'alphabet en langues des signes...c'était très fort. Personnellement, j'en suis ressortie emplie d'amour pour ce métier.

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Publié dans Des métiers

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