Jean-claude Mbvoumin: Footballeur professionnel

Publié le par Raphaël Anton

(Jean-Claude Mbvoumin à droite, Grégory Coupet à gauche)


Comment devient-on footballeur professionnel ?

Tout jeune footballeur rêve de faire de sa passion un métier. Le football n’en est pourtant pas un comme les autres. Il faut à la base être « né balle au pied », avoir des prédispositions et un vrai talent et surtout être conseillé par un bon agent. En réalité, on ne naît pas footballeur, on le devient avec le temps, à force de travail, de « sacrifices » et de discipline. Il n’y a pourtant pas de parcours-type pour y arriver, la diversité des destins sportifs de quelques vedetes actuelles de Ligue 1 en témoigne : certains comme Lilian Laslandes, l’attaquant des Girondins de Bordeaux ou Eric Carrière le milieu de terrain du FC Lens, ont débuté dans des clubs amateurs, alors que d’autres (Zidane, Bernard Mendy, Nasri, Coupet) ont suivi le parcours classique en transitant par le centre de formation.     

Le parcours institutionnel du futur pro comprend en principe deux étapes : la première, celle qui consiste à rejoindre un centre de préformation de football (admission sur concours) commence dès l’âge de 12/13 ans, jusqu’à 15 ans. C’est une période cruciale où les apprentis Zizou apprennent la technique de base du footballeur : passe, contrôle, conduite de balle, jeu de tête…Et pour ceux qui ont parfaitement assimilé la panoplie, qui ont des capacités ou des aptitudes particulières, la seconde partie de l’aventure se poursuit dans un centre de formation de club professionnel. Pour le jeune joueur, une nouvelle vie qui commence donc. C’est la dernière ligne droite où, après la technique de base, il est tenu d’assimiler les notions tactiques et d’acquérir les capacités physiques nécessaires à son futur métier. Il y a beaucoup d’appelés, très peu d’élus : à ce niveau, la sélection est draconienne et seuls les meilleurs des meilleurs s’en sortent. 

Les années de centre de formation sont contraignantes et mentalement et physiquement éprouvantes. La concurrence y est implacable et seuls les plus forts se voient proposer un contrat professionnel. Il faut donc avant tout avoir ou se forger un mental de gagneur.

Nota : Les grands clubs, dont le recrutement fait la part belle aux vedettes, ne sont pas forcément les mieux indiqués pour un jeune footballeur voulant avoir une chance dans l’élite.


Quels sont les difficultés et comment y remédier ?

La filière football est exigeante. Elle demande trois choses essentielles : le travail, le travail et encore le travail ! Et pour peu que les blessures l’épargnent, le jeune joueur peut très vite se retrouver au sommet de l’élite. Mais il doit garder les pieds sur terre et avoir à l’esprit qu’en  football, comme en toute chose, il faut se sans cesse se remettre en question si on veut durer.

Pour ma part, arrivé du Canon Sportif de Yaoundé au Cameroun -j’avais alors 20 ans- pour le l’AS Beauvais Oise au cours de la saison 1994/95, j’ai passé six mois de « mise à niveau » au centre de formation avant de signer mon premier contrat professionnel. Mon statut de joueur « Hors CEE » m’a ensuite contraint de signer à Dunkerque (National) et j’évoluais alors parallèlement avec la sélection du Cameroun. Blessé à lors d’un essai dans un club Belge, j’ai revu mes ambitions à la baisse en signant à Sannois-Saint Gratien à l’été 1998.


Quel est votre meilleur souvenir ?

Je n’en ai pas un, mais des centaines ! Je revoie toutes ces rencontres de football que j’ai eu le privilège de disputer, qui étaient pour moi des moments privilégiés d’échanges avec des gens d’horizons, de culture et de langues différents ; des gens avec qui j’avais un langage commun : le ballon, le jeu, le football. Je me souviens de ces voyages à travers l’Afrique multiethnique, l’Asie fascinante sous le prétexte du football! Je me rappelle la Coupe du monde Juniors en Australie en 1993 et tous les amis que je m’y étais fait ! Pour moi, la dimension humaine primait avant toute chose.

Sur le plan strictement sportif, la victoire en coupe du Cameroun (1993) avec le mythique Canon de Yaoundé, devant plus de 100 000 spectateurs, reste un moment à jamais gravé dans ma mémoire! La montée en Ligue 2 avec l’AS Beauvais en 1995, et les larmes de joie des supporters, et cette certitude qu’il en faut parfois très peu pour faire le bonheur de nos semblables.
   

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Publié dans Des métiers

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