Corinne Pralong: Médecin urgentiste

Publié le par Raphaël Anton

Cette photo n’est pas celle de la personne à l’origine du témoignage


Comment devient-on médecin urgentiste ?

J’interprète cette question de deux façons : comment devient on pratiquement médecin urgentiste et qu’est ce qui pousse un individu « normal » à devenir urgentiste ?

D’un point de vue pratique, en premier lieu, il faut suivre le cursus commun à tous les médecins :

- Concours d’entrée à la Faculté de Médecine

- Six années d’études pendant lesquelles les cours magistraux sont complétés par des stages hospitaliers

- Examen validant la fin des études médicales

-  Internat de médecine générale pendant 3 ans actuellement

- Thèse de Docteur en Médecine

 

Puis on choisit de devenir médecin Urgentiste :

diplôme obligatoire : CAMU (capacité de médecine d’urgence) sur 2 ans. Il y est enseigné les pathologies liées à l’Urgence et des stages sont obligatoires dans des services touchent à la médecine d’Urgence (pédiatrie, service d’Urgences, SAMU et SMUR, réanimation…).

Dans un avenir proche, la médecine d’Urgence sera une spécialité qui se choisira comme la chirurgie ou la radiologie lors de l’examen validant la fin des études médicales.

Cette capacité est au minimum complétée par l’obtention de la Capacité de Médecine de Catastrophe qui enseigne la prise en charge d’accident impliquant un grand nombre de victimes (accident ferroviaire, carambolage sur l’autoroute, attentat terroriste…) et la sensibilisation aux risques nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques.

Par la suite, motivé par ses inquiétudes, ses  intérêts, il est possible de suivre plusieurs Diplômes Universitaires ou Inter Universitaires pour compléter ses connaissances (Gestes d’urgences pédiatriques, toxicologie clinique, pathologie traumatique…).
Bref, c’est sans fin… mais la seule vraie barrière de ce parcours reste le concours d’entrée en Médecine, par la suite les années s’enchaînent sans difficulté.

D’un point de vue plus personnel, mon premier choix a été de faire des études médicales.

Lors des dernières années de lycée, j’ai été confronté au milieu médical et j’ai fait de belles rencontres humaines (qui perdurent encore aujourd’hui) qui m’ont encouragé vers cette carrière. Rien ne me prédestinait à cette orientation, ni mon milieu familial, ni mes professeurs. J’ai rencontré à l’époque des hommes, des femmes qui alliait  un professionnalisme indiscutable, une humanité communicative et une ouverture d’esprit. Cela a su me toucher.

Ensuite la médecine d’urgence ma séduite par la capacité que l’on a parfois à améliorer l’état de santé de quelqu’un qui souffre, présente une vraie détresse vitale par une prise en charge adaptée, rapide et des gestes techniques précis.


Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’exercice de votre métier et comment y remédier ?

Les difficultés du médecin urgentiste ne sont que très relatives par rapport à de nombreuses autres professions et sont sûrement dépendantes du lieu d’exercice. Les difficultés quotidiennes d’un Urgentiste à Paris ne sont pas celles d’un Urgentiste en Corrèze.

Il existe des difficultés pratiques inhérentes à l’exercice en lui-même (manque de place dans les hôpitaux, manque de structures d’accueil pour orienter correctement les patients, manque de médecin urgentiste, travail de nuit) et  des difficultés plus morales.

Pour illustrer ces dernières, je pourrai citer la lassitude qui s’installe parfois au fil des années à prendre en charge les mêmes « cas sociaux », les mêmes éthyliques, les mêmes suicidants ratés, les mêmes agités qui nous insultent. Je pourrai citer la peine qui nous accompagne parfois quand l’issue de notre prise en charge sur de vraies détresses vitales n’est pas à la hauteur de nos espérances ou parfois malheureusement fatale. Je pourrai citer les cris, les pleurs de mères, pères, femmes, enfants auxquels on annonce le décès brutal d’un proche. Je pourrai citer les images d’horreur qui reviennent parfois des années plus tard quand on évoque nos souvenirs professionnels.

Les difficultés du quotidien sont résolues partiellement par des  choix de politiques de santé, une meilleure organisation et coordination entres les soignants, les directions d’établissements, les services sociaux, les associations…

Les secondes peuvent être aisément résolues en s’attachant à la réussite de la prise en charge médicale par la réalisation de  gestes techniques, qui est bien sûr notre fonction première obligatoire.

Mais cette composante morale est au cœur du plus bel enseignement personnel que peut apporter la médecine d’urgence sur la fragilité d’une vie, le courage d’exprimer ses émotions, la richesse d’une rencontre, l’empathie indispensable envers autrui, le respect de l’autre quelque soit son milieu social...


Quel est votre meilleur souvenir ?

Un jour d’été, je suis amenée à intervenir comme médecin sur un accident de la route. Une voiture avec quatre jeunes gens âgés de 17 à 20 ans, vient de s’écraser contre un platane en pleine campagne, probablement du fait d’un excès de vitesse.

A l’arrivée, le conducteur dont c’est l’anniversaire est décédé sur le coup, ainsi que sa sœur à l’arrière du véhicule. Une troisième victime présente un grave traumatisme crânien, je la prends en charge médicalement et la laisse sous la surveillance de mes collègues. Il existe une quatrième victime. C’est un jeune homme de 17 ans. Il me parle, me raconte l’accident, me dit qu’il veut voir sa petite amie et surtout, il me répète à plusieurs reprises qu’il ne veut pas mourir…

D’après mon examen clinique, je suspecte une hémorragie interne. Il est de plus en plus pâle, sa tension chute, son ventre est de plus en plus douloureux. Je sais que j’ai peu de temps pour agir avant que la situation ne se dégrade sans possibilité d’amélioration.

Je fais venir des poches de sang sur place, je demande une évacuation de ce jeune homme vers un hôpital en mesure de le prendre en charge chirurgicalement. Je décide de l’endormir afin de calmer sa douleur et qu’il ne se rende plus compte de la réalité. Son angoisse monte, il sent que la situation devient de plus en plus précaire. Il me répète encore qu’il ne veut pas mourir. Et puis son cœur s’arrête de battre.

Nous faisons quelques gestes de réanimation. Son cœur se remet à battre. Nous le transfusons. Un hélicoptère se pose, il est évacué vers le Centre Hospitalier Universitaire accompagné par un réanimateur.

Il est opéré en urgence. Il présente plusieurs fractures, une hémorragie interne massive. Il  reçoit plus de cent poches de sang au cours de son hospitalisation et est opéré à plusieurs reprises…

Il ne se souvient pas de moi. Quand il s’est réveillé, il a eu le réanimateur comme interlocuteur.

Je ne fais pas parti de l’histoire de ce jeune homme mais lui fait parti de la mienne. En effet, si le jour de son accident, je n’avais pas fait les gestes adéquates, s’il n’avait pas reçu de sang tout de suite et s’il n’avait pas été évacué rapidement sur un hôpital, je suis intimement persuadée, qu’il ne serait plus parmi nous.

Ce jour là, j’ai été le maillon indispensable d’une chaîne humaine qui lui a permis de rester vivant.

Depuis, chaque fois que je vois le réanimateur intervenu sur place, on se souvient avec émotion de ce jeune homme. Ce dernier lui écrit régulièrement.

Nous savons qu’une intervention comme celle-ci justifie notre passion pour ce métier d’Urgentiste.

Ce jeune homme vient de passer le concours d’entrée en Médecine…

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Publié dans Des métiers

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B
<br /> <br /> Bonjour , <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Je vous fait passer cette vidéo (SOS Aorte - HEGP)  sur une structure dédiée à la prise en charge des urgences aortiques.<br /> <br /> <br /> Peut-être accepteriez vous de la diffuser sur votre blog.  Si c'es le cas merci d'avance <br /> <br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?v=PTHFZKAE1KM<br /> <br /> <br /> Bien cordialement.<br /> <br /> <br /> S.H.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.<br />       <br /> Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.<br /> <br /> <br /> La Page No-14, THÉOREME DE LA DÉTRESSE !.<br /> <br /> <br /> LA DÉTRESSE UNE QUESTION DE QUOI ?<br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> Clovis Simard<br /> <br /> <br /> <br />
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